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REVENIR AU MONDE

Blog de non fans de Dominique A

ENTRETIEN + LIVE EN VIDEO | 24 mars 2007

Dominique A parle lumière et abus d'alcool sur Les Films du Réel, site spécialisé dans les lives et making of.

Au programme :
- Entretien
- Mansfield Fields en live
- Dans un Camion en live (au Chabada d'Angers, le 12 octobre 2006)

Une fois sur le site, cliquez sur l'icône  pour accéder à la vidéo.

Publié par libilule à 13:34:12 dans Les Interviews | Commentaires (0) |

DOMINIQUE A EN INTERVIEW SUR RAM : partie 1 | 06 décembre 2006

DOMINIQUE A EN INTERVIEW SUR RAM : partie 1 

Difficile de parler de Dominique A sans évoquer les musiciens, producteurs et interprètes qui l'ont accompagné au fil des années. Dominique A évoque sa nécessité d'être entouré, afin de faire " mentir " comme il dit La Fossette, disque matrice dans lequel il pense déjà tout dire.

L'interview sera mise à jour régulièrement.

 

RAM : Tu dis que chacun de tes disques est le fruit d'une rencontre avec deux ou trois personnes. Pourtant, tu as réalisé quasiment seul La Fossette.

Dominique A : A l'époque, c'était inconcevable pour moi de faire ce disque-là avec des gens. Si je voulais obtenir ce son, cette proximité, cette intimité-là, toute intervention extérieure était mal venue. Je sentais que si quelqu'un mettait son grain de sel, tout tomberait en poussière. Initialement, Eric Deleporte avait fait les parties de guitare sur Les Habitudes se perdent et Février. J'aimais bien ce qu'Eric avait fait mais il se trouve qu'on a perdu les bandes. Quand s'est posée la question de les reproduire, je n'ai pas demandé à Eric de les refaire et je les ai rejouées moi-même. A l'époque, j'étais dans un rapport trop radical avec mes chansons pour envisager de collaborer avec quelqu'un d'autre. Tout mon parcours par la suite a, en quelque sorte, consisté à faire mentir La Fossette. On me dit souvent, « c'est tellement mieux quand tu joues seul ». Je ne suis pas toujours d'accord avec ça, même si c'est  vrai qu'une chanson comme Rue des Marais ne gagnerait pas à être enregistrée avec qui que ce soit. Quand j'enregistre en solitaire et que c'est à moitié réussi, ça me dégoûte parfois aussi. Je trouve ça vide... complaisant, glauque. Pour le coup, ça ressemble vraiment à ce qu'on me reproche des fois. Ça sent l'étudiant en lettre. J'ai rien contre les étudiants en lettre, mais c'est de l'ordre du cliché et effectivement, il faut des fois surmonter ça pour arriver à quelque chose de vraiment bien. Je suis convaincu que mon histoire n'aurait pas eu le même intérêt, si je n'avais pas à un moment donné ouvert les portes de la maison.

RAM : On mesure souvent mal le rôle des producteurs sur tes disques. En quoi John Parish a changé la donne sur Auguri ?

Dominique A : Jusqu'alors, j'avais fait surtout des co-productions. Malgré la patte très marquée de Gilles Martin, le résultat final de La Mémoire Neuve reste très proche des maquettes. Avec John Parish, la répartition des rôles artiste/producteur était beaucoup plus nette. C'était vraiment une collaboration au sens fort du terme. L'idée, c'était de se confronter à une méthode de travail, avec l'envie de ne pas maquetter quoi que ce soit et d'entrer en studio sans idées préconçues sur les arrangements. Au départ, j'imaginais le disque beaucoup plus arrangé, avec des cordes, des cuivres alors qu'à l'arrivée il y a un petit bout de trompette par-ci par-là. Auguri est vraiment le fruit de sa vision sur mes chansons.

RAM : Tu as parlé un jour du côté « maître d'école » de Parish. Tu peux nous en dire plus ?

Dominique A : En fait, il nous faisait travailler guitare / batterie jusqu'au moment où il estimait que c'était bon et quand il obtenait ce qu'il voulait, on passait à autre chose. C'est quelqu'un qui a une approche de la rythmique très particulière, à la fois très efficace et en même temps pas forcément métronomique, ce qui n'est pas courant chez les anglais qui recherchent souvent l'efficacité à tout prix. Il écoute pas mal de gens comme Captain Beefheart et ça se ressent dans sa production. Sa méthode c'est qu'à partir du moment où tu n'es pas capable de jouer un arrangement au bout de cinq prises, ça ne vaut pas la peine d'insister. Je me souviens d'une sérieuse envie de meurtre une fois (rires) : j'avais en tête une idée qui me semblait brillante bordel et je voyais que lui était sceptique. Je lui demandais du temps pour arriver à concrétiser et je voyais passer les prises en me demandant s'il allait m'en laisser une de plus. Puis à un moment donné, je sentais que j'y étais presque, je bute sur un truc et j'entends John dans le micro qui dit : « time for tea ». Au final, nous n'avons pas retenu cette idée. Ceci dit, on est loin des méthodes de ce **** de Steve Albini pour qui les groupes qui entrent en studio doivent jouer le morceau en deux ou trois prises sinon le titre est éjecté. C'est d'une rigidité folle.

RAM : Est-ce que certains titres  ont particulièrement  posé problème ?

Dominique A : Oui clairement. Où conduit l'Escalier notamment. Il aimait beaucoup ce morceau mélodiquement et avec Sacha (Toorop) on avait envie d'un truc à la Mark Hollis avec une batterie assez libre alors que lui voulait rigidifier le morceau. Finalement on se retrouve avec une boucle de batterie sur laquelle Sacha rejoue par-dessus ce qui n'est pas très heureux. Pour le passage instrumental du milieu j'imaginais un envol de cuivres et il a restreint le truc. Il m'a dit « les notes sont très bien. Il faut les jouer, c'est tout. » C'était frustrant mais à partir du moment où il a joué le jeu et il a accepté de produire l'album sans rien en entendre avant d'entrer en studio, ce qui n'est pas rien, il fallait qu'en contrepartie je lâche sur certaines choses. J'ai retenu plein d'éléments de sa façon de travailler et inconsciemment sur L'Horizon il y a des moments où je me suis surpris à appliquer la méthode « Parish ».
 

A suivre... 

Publié par libilule à 17:03:19 dans Les Interviews | Commentaires (2) |

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